Sport et dommages musculaires

Publié par Vincent Pecou le

Sport et dommages musculaires​

Sport et dommages musculaires

Sport et dommages musculaires​

Introduction

   Lors d’une séance de sport, on lèse les muscles utilisés. Des dommages plus ou moins importants occurrent dans le muscle. Ces douleurs peuvent aller des courbatures jusqu’à des déchirures musculaires. Les douleurs musculaires causées par l’exercice se regroupent sous le terme de DOMS (delayed-onset muscle soreness).

Il est important de comprendre que chaque DOMS se doit d’être considéré et parfois pris en charge. Ceci dans le but de retrouver la forme optimale du muscle. En effet, puisque la prévalence de blessures chez les sportifs due au DOMS est de 10 à 55% selon Hotfiel et al. Quels sont les dommages les plus récurrents suite à une séance de sport ? Quelles stratégies adopter plus contrer les dommages et la douleur ? 

Par quoi se caractérisent les DOMS ?

   Les DOMS sont des lésions des cellules musculaires, notamment de leur structure. Ceci a lieu notamment lors des phases excentriques des mouvements. Une phase excentrique d’un mouvement correspond à l’éloignement des insertions musculaires. Par conséquent les lignes z du muscle s’éloignent ce qui déchire le sarcomère des myofibrilles.

Suite de quoi, la cellule s’autophagie accompagné de dégradations protéique et parfois d’une réaction inflammatoire locale. A l’heure actuelle, les études à propos des DOMS sont assez éloignées de la réalité des activités physiques. En effet, nombre d’études optent pour un modèle de mouvement uniquement excentrique. Par conséquent, il n’est pas tout à fait clair comment se déroulent les dommages lors de sprints, de changements de direction ou de saut par exemples.

Les inflammations, signes de dommages musculaires

Les inflammations, signes de dommages musculaires

   Les inflammations aigües des compartiments musculo-tendineux ne sont pas à voir comme ennemies. En effet, lors de DOMS, le contenu des sarcomères est relâché dans la matrice extracellulaire. En conséquence, des médiateurs pro-inflammatoires (leukocytes et cytokines) sont libérés dus au déséquilibre électrolytique. Une inflammation se caractérise par une rougeur, un gonflement, de la douleur du tissu lésé et d’une vasodilatation.

Lors de dommages, pour recouvrer la santé des tissus, un afflux sanguin a lieu (créant un œdème accompagné d’une vasodilatation) amenant toutes les molécules nécessaires. On peut citer selon Hotfiels et al., NGF (nerve growth factor), histamine, bradikines et les prostaglandines. Les prostaglandines sont responsables de la douleur puisque ce sont des molécules se fixant sur les nocicepteurs (récepteurs de la douleur).

La machinerie pro-inflammatoire a pour point culminant l’activation des cellules satellites. Ce sont des cellules souches, qui lorsqu’elles sont activées «deviennent» des cellules musculaires. Leur activation est permise entre autre grâce aux cytokines. 

Comment agissent les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ?

   N’étant ni docteur en pharmacie ni en médicine, je n’incite personne à user des substances médicamenteuses sans consultation au préalable d’un professionnel de santé. Les anti-inflammatoires ont pour rôle de prévenir ou de contenir une inflammation. Grâce à leur principe actif,  ils vont inhiber la COX-2, de fait la transformation de l’acide arachidonique en prostaglandine sera inhibée. La COX-2 est un type de récepteur responsable de la synthèse des prostaglandines lors de la réaction inflammatoire.

Par conséquent, la plus part des caractéristiques d’une inflammation sont présents sous l’action de COX-2. En l’inhibant, les AINS induisent une diminution de l’inflammation et ont entre autre un effet antalgique. Toutefois, les AINS ont des effets secondaires pouvant devenir graves. Leur prise doit se faire sous la supervision d’un professionnel de santé. 

Du chaud ou du froid après le sport pour réduire les dommages musculaires ?

Du chaud ou du froid après le sport pour réduire les dommages musculaires ?

   Comme vous l’avez compris, lors d’une séance de sport, des dommages du système musculo-tendineux ont lieu. Ceux-ci s’accompagnent souvent d’une inflammation aigüe locale. Elle permet d’apporter via le sang les molécules et nutriments nécessaire au regain de santé optimale des cellules. Ces dernières années les images des sportifs se plongeant dans des bains froids ou allant faire une séance de cryothérapie après l’entraînement sont légions. Dès lors demandons-nous quel est l’intérêt ?

Lors d’une inflammation les vaisseaux se dilatent pour un meilleur afflux sanguin. Or, lorsqu’on plonge le corps dans un bain froid voire gelé, les vaisseaux se contractent. On appelle cela une vasoconstriction. De fait, moins de sang passe, donc moins de molécules. Par conséquent, les prostaglandines responsables de la douleur circulent moins, donc la douleur est moindre.

Toutefois, les molécules pro-inflammatoires dont le rôle est de recouvrer la santé des tissus sont aussi ralenties par la vasoconstriction. A contrario, la chaleur dilate les vaisseaux et permet donc une meilleure circulation sanguine. Le choix du bain chaud ou froid ne dépend que de votre objectif personnel : limiter la douleur ou favoriser la récupération. 

Quid des inflammations chroniques ?

   Une inflammation chronique reprend les mêmes codes qu’une inflammation aigüe. Toutefois, elle se répète dans le temps, créant un handicap plus ou moins sévère. Cela peut aller à des contraintes lors d’un exercice sportif (devoir faire de la presse horizontale à la place du squat car inflammations au tendon rotulien) ou bien une gêne sévère dans la vie de tous les jours.

Le meilleur conseil de préparateur physique est d’aller voir un médecin du sport notamment. Il pourra vous faire passer des échographies directement au cabinent et connait parfaitement cette problématique. Il n’est pas rare de voir des problèmes de postures déboucher à des inflammations chroniques qui s’aggravent avec la pratique du sport. Pour votre santé, n’abusez pas des anti-inflammatoires mais prenez rendez-vous avec un professionnel de santé

Conclusion

   Faire du sport crée des dommages musculaires. Nous connaissons tous les courbatures, elles apparaissent six à douze heures après l’exercice ; atteignent un pic entre quarante-huit et soixante-douze heures après. Enfin elles se résorbent complètement cinq à sept jours après l’exercice. A l’échelle cellulaire et moléculaire ces dommages ont encore une part d’ombre. Toutefois ils sont réversibles.

En ce sens, ne voyez plus l’inflammation aigüe et locale comme une ennemie. Elle permet de restaurer le système lésé. En revanche, selon les stratégies de récupération il peut être intéressant d’ajouter un bain froid ou chaud à la fin de vos séances. Rappelons encore que les médicaments ne doivent pas être systématiques car présentant des risques pour la santé. 

Vincent Pecou, préparateur physique

Article écrit par Vincent Pecou, préparateur physique.

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Catégories : Sport et santé

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